Textiles : il est temps de passer la seconde... main
La mode est un secteur qui a mauvaise presse. Et pour cause, on estime que l’impact de l’industrie textile représente 4% des émissions de CO2 au niveau mondial, soit plus que l’aviation.
Au-delà de son empreinte carbone, le marché du vêtement représente des enjeux considérables, tant écologiques (quant à l’emprise au sol pour fabriquer les fibres, l’impact sur l’eau et les besoins considérables en matières premières) que sociaux (conditions de travail difficiles et salaires très faibles). Selon l’Agence européenne pour l’environnement, la consommation annuelle de vêtements représente, en moyenne, une consommation de 9.000 litres d’eau, l’utilisation de 400 m² de terrain et l’émission de 270 kg de CO2 par personne ! Difficile pour le secteur de laver sa réputation dans ce contexte !
Le problème fondamental c’est que nous achetons toujours plus de vêtements neufs. Par exemple, en 2023, en France, cela représente pas moins de 39 pièces par personne et par an. Et alors que production mondiale de vêtements a doublé entre 2000 et 2014, leur durée de vie a diminué d’un tiers. Ce constat est encore plus vrai depuis l’arrivée de la fast fashion.
La règle du 80/20
Et pourtant, nous n’utilisons qu’une infime partie de notre garde-robe de façon régulière. Le principe de Pareto, qui peut s’appliquer à l’habillement, nous indique que 80% du temps, nous allons porter à peine 20% de nos habits. Cela laisse de la place pour désencombrer… , alimenter le secteur de la seconde main et se tourner vers des vêtements de qualité plus durable.
La seconde main a gagné en popularité ces dernières années grâce aux plateformes en ligne, même si cela n’a pas pour autant enrayé la tendance, toujours à la hausse des achats de vêtements de moindre qualité. Ce qui complique la revente et le recyclage.
C’est d’ailleurs le discours du secteur de l’économie sociale, qui récolte nos vêtements pour leur donner une deuxième vie, en grande difficulté face à l’afflux de vêtements de piètre qualité qui ne peuvent pas être revendus. La crise de ce secteur s’explique également par l’accaparement des meilleures pièces par les sites et plateformes de revente en ligne.
Il est pourtant utile de se rappeler qu’acheter des vêtements de seconde main permet de réduire l'impact carbone de 50 à 90%. Difficile de trouver une action individuelle qui permet de diminuer son empreinte aussi facilement.
Mais pourquoi s’arrêter au textile ? Il existe également le défi « rien de neuf » qui vous encourage à aller plus loin et à tenter le jeu de ne rien acheter de neuf sur une année. Alors Gap ou pas Gap ?
Sources
- Agence européenne pour l’environnement (AEE),
- Ademe