Plantes invasives : lutte spécifique
Des plantes exotiques sont importées par l’homme des quatre coins du monde, pour leurs qualités ornementales ou horticoles. La plupart d’entre elles ne posent aucun problème, mais n’importe quelle espèce introduite peut devenir invasive.
Certaines espèces végétales – capables de maintenir des populations viables – représentent en effet une véritable menace pour l’environnement, car elles prolifèrent de manière anarchique et se dispersent facilement. Ces plantes exotiques envahissantes sont qualifiées d’invasives, car elles remplacent les végétaux indigènes en formant souvent des massifs denses, et réduisent de ce fait considérablement la biodiversité locale. Il est de plus extrêmement complexe de freiner leur développement, et leur gestion est particulièrement onéreuse. Elles constituent donc une importante menace pour la biodiversité mondiale, et ont un impact économique considérable. Certaines plantes invasives peuvent en outre être responsables de problèmes de santé publique (sève de la berce du Caucase causant de graves brûlures, par exemple).
On considère que sur 1.000 espèces introduites par l’homme dans une nouvelle région, une seulement deviendra invasive. Les petites populations présentes au stade précoce de l’invasion peuvent être contrôlées ; une fois l’expansion devenue incontrôlable, l’éradication n’est plus possible.
Ces plantes invasives se retrouvent partout : dans les villes, les forêts, les prairies, les étangs, les bords de route… et qui sait, sans le savoir, dans votre jardin.
Saviez-vous par exemple que l’Arbre à papillons (Buddleia davidii) est un arbuste invasif ! Il attire en effet irrésistiblement les papillons, mais lui fournit un nectar de piètre qualité. Ses feuilles contiennent de plus une substance toxique pour les chenilles (et autres insectes), les rendant impropres à leur consommation. Cet arbuste se dissémine en outre très facilement, prenant donc la place d’espèces indigènes plus favorables aux papillons.
Les listes des plantes exotiques envahissantes (PEE) et les restrictions légales associées sont accessibles via le portail de la Région wallonne, via le lien https://stopenvahissantes.be/home.html
Il est à noter que des alternatives indigènes existent d’ailleurs pour chacune de ces espèces.
Trois plantes sous haute surveillance
Trois espèces végétales invasives font beaucoup parler d’elles ces dernières années, suite aux nombreux problèmes occasionnés : la berce du Caucase, la renouée du Japon et la balsamine de l'Himalaya. Chacune d’entre elles requiert une gestion spécifique, et des mesures particulières pour assurer son élimination, tout en évitant sa dissémination. L’intervention est toutefois réalisée avant la formation des graines, afin d’éviter leur dispersion fortuite.
Deux stratégies se complètent pour lutter contre ces plantes invasives :
- la prévention, permettant d’éviter leur introduction (principalement volontaire, mais parfois accidentelle) dans notre environnement via la sensibilisation des citoyens, le contrôle des essences transportées, le recours à des plantes alternatives locales… ;
- la gestion, permettant de limiter leur expansion via diverses techniques (fauche, arrachage, étouffement, injection…), en combinaison avec l’évacuation des déchets verts/terres.
Berce du Caucase
La Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une plante géante atteignant une hauteur de 4 mètres. En juin-juillet, apparaissent des ensembles de fleurs blanches de forme arrondie (appelées ombelles) poussant sur une même tige. Cette tige est robuste, creuse, et couverte de nombreuses taches pourpres. Les feuilles sont très grandes, pointues, profondément découpées, et présentent un aspect brillant.
Cette plante peut être confondue avec une plante indigène de taille plus modeste, la Berce commune (Heracleum sphondylium).
La Berce du Caucase a été introduite en Europe comme plante ornementale, puis a connu une forte expansion en se dispersant dans l’environnement, en particulier au bord des autoroutes, voies de chemin de fer, talus, dans les friches, etc. Cette plante invasive forme souvent des peuplements denses qui étouffent et éliminent les plantes indigènes avoisinantes.
De plus, cette plante contient des substances chimiques photo-sensibilisantes qui, en contact avec la peau et en combinaison avec la lumière solaire, provoquent de sévères brûlures. Le contact initial de ces substances avec la peau est indolore, mais la rende hypersensible au rayonnement solaire. En cas de contact avec la sève, il est de ce fait nécessaire de laver soigneusement la peau à l’eau savonneuse puis d’éviter toute exposition au soleil durant quelques jours.
Son élimination nécessite donc de recourir à un équipement de protection adapté (gants, vêtements imperméables et lunettes de sécurité), en veillant ensuite à nettoyer à grandes eaux toute trace de sève sur les outils après gestion.
Cette gestion, qui doit être réalisée durant plusieurs années consécutives en mai ou en juin (avant production des graines), consiste à couper la racine à 15-20 cm en-dessous de la surface du sol. Une vérification quelques semaines plus tard est conseillée, pour s’assurer de l’absence de repousses éventuelles.
Une veille continue est requise pour éradiquer cette plante invasive !
Comment aider ?
Vous pouvez nous aider en nous signalant sa présence au sein de la Commune, via [email protected].
Renouée du Japon
La Renouée du Japon est l’une des plantes invasives les plus préoccupantes au monde.
Les renouées asiatiques, dont la Renouée du Japon (Fallopia japonica), sont des plantes géantes atteignant une hauteur de 3,5 mètres. À la fin de l’été (août-septembre), apparaissent de petites fleurs blanches réunies en grappes. Sa tige verte est robuste, lisse, creuse, en léger zigzag et est souvent tachetée de rouge. Les feuilles ovales à base tronquée se terminent par une pointe.
La Renouée du Japon a été introduite en Europe comme plante ornementale, puis a connu une forte propagation en particulier le long des routes, des voies ferrées et d’eau, dans les terrains vagues, etc. puis a progressivement colonisé les forêts, talus et autres biotopes naturels. Cette plante invasive forme des massifs denses, qui étouffent et éliminent les plantes indigènes avoisinantes, ce qui appauvri inexorablement les milieux naturels. De plus, ces massifs impénétrables limitent l’accès aux berges et favorisent leur érosion en période de crues, augmentent les risques d’inondation en freinant l’écoulement de l’eau, réduisent la visibilité en bord de route, gênent l’exploitation forestière et agricole, etc.
Cette plante présente une croissance très rapide et produit d’importants rhizomes orangés facilitant sa propagation. De plus, les renouées asiatiques sont dotées d’une incroyable capacité de régénération : un petit fragment de rhizome ou de tige peut en effet constituer une nouvelle plante ! La gestion de cette plante est de ce fait particulièrement complexe et coûteuse, et doit être réfléchie au cas par cas (absence d’intervention, suppression des parties souterraines et/ou aériennes de la plante, pâturage, plantations, bâchage, etc.).
Une veille continue est utile pour repérer cette plante invasive !
Comment aider ?
Vous pouvez nous signaler toute observation de cette plante au sein de la Commune, via [email protected].
Vous pouvez également participer en tant que bénévoles aux sessions organisées par Natagora. En novembre 24, la Régionale Natagora Hesbaye Ouest a organisé une session de nettoyage au Pré du Duc entièrement dédiée à l'élimination de cette invasive. Les bénévoles, après le fauchage, ont recouvert le sol d'une bâche lourde et épaisse, pour empêcher la repousse de la renouée du Japon. Contact : [email protected]
Balsamine de l'Himalya
La Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) est une jolie plante à fleurs de la famille des Balsaminaceae, originaire d'Asie mais introduite ailleurs pour des raisons ornementales. Cette annuelle qui mesure entre 1 m et 2,5 m de hauteur envahit principalement les berges des rivières.
Elle produit entre 600 et 800 graines par an ! Et ses fruits, une fois à maturité, éclatent au moindre choc, projetant des graines à grande distance... Leur dispersion est fulgurante.
Chez nous, la gestion des balsamines s'est faite en partenariat avec le Contrat de rivière Dyle-Gette, de 2017 à 2019, parfois dans le cadre de l'opération Eté solidaire. Trois années de gestion intensive suffisent généralement à réduire de manière considérable leur présence (dans et près des cours d'eau, jusqu 'à un niveau où elles ne menacent plus la flore locale.
Bien sûr, cette invasive reste sous surveillance et un contrôle est effectué chaque année dans le bassin de la Gette.
Malheureusement, elle est encore présente dans certains jardins d'où elle risque d'essaimer.
Si vous êtes confronté à la Balsamine de l'Himalaya, n'hésitez pas à prendre contact avec le service Environnement de la commune via [email protected]